Préserver le lien père-enfant : un rempart bienveillant pour tous

MONTRÉAL, le 6 mai 2021 /CNW Telbec/ –

Le Réseau Maisons Oxygène (RMO), seul regroupement d’organismes spécialisés dans l’hébergement père-enfant au Québec, salue le travail d’envergure réalisé par Mme Régine Laurent et son équipe de commissaires, dont le rapport publié cette semaine pose des jalons importants pour améliorer le soutien offert aux pères en difficulté pour qui la préservation du lien père-enfant constitue le rempart contre la désaffiliation familiale et sociale qui, trop souvent, se retrouve à l’origine de situations d’abus ou de maltraitance.

En particulier, le RMO appuie les conclusions de la Commission en ce qu’elles viennent clairement reconnaitre l’importance du lien père-enfant, la nécessité d’offrir du soutien adapté à la réalité de tous les parents, tant les pères que les mères, l’importance d’agir en amont des gestes de violence ou de maltraitance et de le faire en concertation avec les partenaires du milieu communautaire qui développent des liens de confiance avec les familles. « Autant de principes qui sont au coeur de l’approche unique au monde des Maisons Oxygène », affirme Patrick Desbiens, président du RMO.

Infléchir les trajectoires au bon moment :

l’exemple des Maisons Oxygène Les Maisons Oxygène, une innovation québécoise, sont des ressources d’hébergement pères-enfants qui offrent des services à des pères en situation de grande vulnérabilité, souvent à la suite d’une rupture conjugale, alors que ceux-ci vivent une perte totale de leurs repères.

La « recette » des Maisons Oxygène repose sur une prémisse importante :

la préservation du lien père-enfant dans les moments qui suivent la séparation. « Cette préservation constitue un rempart contre l’itinérance et la désaffiliation sociale des pères et réduit de façon significative les risques de maltraitance ou de violence. Elle s’avère toutefois impossible si le père ne dispose pas minimalement d’un toit pour accueillir ses enfants », explique Patrick Desbiens.

Depuis leur naissance dans le quartier montréalais Hochelaga-Maisonneuve il y a une trentaine d’années, il est établi que les interventions des Maisons Oxygène ont permis de prévenir le placement de dizaines d’enfants par année, tout en renforçant les liens pères-enfants. Surtout, elles ont permis à des pères en proie à une grande détresse psychologique de se raccrocher à l’un des derniers éléments qui représentent pour eux une source de volonté de se prendre en main : le désir d’assurer un meilleur avenir à leur enfant. « C’est ainsi qu’on parvient à infléchir la trajectoire des pères, au bon moment, pour qu’ils puissent continuer à jouer un rôle positif auprès de leurs enfants », indique Patrick Desbiens.

De plus, chaque Maison Oxygène travaille en collaboration avec l’ensemble des acteurs cités dans le rapport de la Commission, en particulier les CISSS/CIUSSS et les directions de protection de la jeunesse. Cette approche collaborative constitue également un principe-phare du fonctionnement des Maisons Oxygène. Des besoins importants L’an dernier, près de 5 000 pères et enfants ont bénéficié des services des quelque 16 Maisons Oxygène présentes dans 13 régions du Québec.

Le RMO estime qu’il faudrait environ une cinquantaine de Maisons Oxygène pour être en mesure de bien répondre aux besoins sur tout le territoire du Québec. « L’histoire démontre que lorsque la société québécoise reconnait l’importance d’agir sur une problématique particulière, elle est capable de se donner les moyens pour le faire de façon innovante.

Le modèle des Maisons Oxygène est en parfaite adéquation avec les recommandations de la Commission. À la lecture du rapport, on se prend à rêver à un Québec où chaque père dont la vie se désorganise complètement à la suite d’une séparation conjugale puisse trouver refuge dans une Maison Oxygène, peu importe où il se trouve », précise Patrick Desbiens.

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